Extrait de l'article :

COMPORTEMENT

Le cas d’une chienne souffrant d’une phobie post-traumatique illustre à quel point la médication joue un rôle pivot dans la prise en charge de cette affection. Lorsque les capacités adaptatives de l’animal sont dépassées, une thérapie comportementale, bien que nécessaire, ne suffit pas.

Une chienne lagotto romagnolo, non stérilisée, âgée de 3 ans est présentée à la consultation de comportement pour retrait social et isolement.
Cela a débuté il y a 5 mois : la chienne a touché un fil électrique juste après avoir déterré une truffe. Elle a hurlé et s’est enfuie pendant plusieurs minutes.
Depuis, elle ne s’approche plus d’une truffe et s’isole de plus en plus.

Demande

Les propriétaires souhaitent surtout améliorer le bien-être de leur chienne qu’ils perçoivent en grande souffrance.

Examen clinique

L’examen clinique ne révèle rien d’anormal.

Sémiologie comportementale

La chienne vit en maison avec jardin en compagnie de quatre autres chiens. Elle a été adoptée à deux mois, a rapidement été propre et ne présentait pas de réactions de peur.

Son comportement alimentaire est modifié : alors qu’elle a toujours eu bon appétit, elle présente depuis deux mois un appétit capricieux et peut sauter des repas. Depuis la décharge, elle détourne la tête de sa friandise favorite : la truffe.

Dix jours après l’épisode traumatique, elle a commencé à ne plus vouloir suivre ses propriétaires lors des promenades quotidiennes, cherchant à retourner à la maison en tremblant et haletant.

Cela s’est ensuite aggravé : refus de jouer avec ses congénères puis de sortir dans le jardin. Si on insiste pour l’emmener, elle présente des signes comportementaux de peur (tremblements, tachypnée).

Pendant l’examen clinique, elle est en tachypnée et tachycardie. Elle passe la consultation couchée près de sa propriétaire et ne répond pas aux stimulations.

Avant le traumatisme, la chienne dormait au rez-de-chaussée avec ses congénères. Depuis 3 mois, elle présente des crises de panique pendant la nuit : elle gémit, s’agite et a tenté de rejoindre ses propriétaires qui l’ont trouvée haletante et tremblante dans l’escalier.

Depuis, ils la prennent avec eux la nuit, sans succès (gémissements et agitation persistent).

Phobie post-traumatique chez un chien: importance de la médication dans la prise en charge
La chienne s’est léché les pattes pendant les deux mois qui ont suivi l’épisode traumatique puis a spontanément arrêté.

Son comportement de jeu est aussi touché : elle était très joueuse mais refuse maintenant toute interaction dans le jardin et retourne vers la porte de la maison.

Elle reste dans son panier lors des visites alors qu’elle était très sociable.
Depuis plus d’un mois, elle présente des comportements agressifs vis-à-vis de ses congénères :
elle grogne quand ils cherchent à entrer en contact avec elle.

Depuis quelques semaines, elle a besoin d’une proximité permanente avec les humains et a tendance à suivre madame partout.

Les méthodes éducatives utilisées sont non coercitives,  la communication de bonne qualité et les besoins physiologiques de l’animal respectés.

Les propriétaires tentent depuis 5 mois, avec beaucoup de compétence, une désensibilisation et un contre-conditionnement, mais cela a échoué.

Extrait d’article paru dans La Dépêche Vétérinaire, N°1420 du 6 au 12 janvier 2018