Extrait de l'article :

COMPORTEMENT

Une perte de l’organisation sociale peut entraîner des dysfonctionnements dans les interactions entre l’Homme et le chien mais aussi entre les chiens eux-même.
La thérapie comportementale, visant à identifier les causes à l’origine de cette perte et à leur restauration, peut permettre de résoudre les problèmes intraspécifiques.

Notre consoeur Sylvia Masson a présenté, le 14 décembre, lors du congrès de Zoopsy sur la hiérarchie à Toulouse, une conférence sur les sociopathies intraspécifiques.

Depuis plusieurs années, l’existence d’une hiérarchie chez le chien domestique est sujette à débat. Aujourd’hui, les notions d’organisation sociale, de dominance et de hiérarchie sont admises chez le loup, le chien féral mais aussi chez le chien de compagnie.
Elles reflètent le fonctionnement du groupe

Les agressions ne sont donc pas un indicateur de rang hiérarchique mais bien d’instabilité du groupe.

Hiérarchie pour éviter le conflit

L’organisation sociale a pour intérêt de répartir les tâches pour économiser de l’énergie, assurer la cohésion du groupe en ritualisant des signaux de communication (retroussement de babines ou grognement dans le but d’éviter un conflit).

Elle assure la survie de l’individu et de l’espèce malgré des intérêts individuels parfois divergents. Cette hiérarchie n’est pas linéaire mais bien souvent très subtile avec une organisation de groupe qui rappelle celle de nos familles.

Les relations sociales du groupe canin dysfonctionnent lors de sociopathies intraspécifiques.

Au sein d’un groupe social, chaque statut présente des avantages et des inconvénients. L’individu de rang élevé est plus stressé par ses responsabilités que le subordonné (augmentation de la sécrétion de glucocorticoïdes).

Les subordonnés, eux, apprennent mieux par imitation de leurs congénères que les individus de rang élevé (Pongracz et al, 2008), sans doute parce que ces derniers ont plus l’habitude de montrer que d’imiter.

Lorsque la hiérarchie est stable comme dans les groupes de chiens en liberté, aucune blessure sévère n’est rapportée parce que les individus ont la possibilité de quitter le groupe.
Les interactions agonistiques restent donc subtiles et de faible intensité. Les agressions ne sont donc pas un indicateur de rang hiérarchique mais bien d’instabilité du groupe.

Extrait d’article paru dans La Dépêche Vétérinaire, n°1513 du 25 au 31 janvier 2020